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mardi 3 juillet 2012

Compresser le temps

Votre serviteur à la California Superbike School — Las Vegas, Nevada — Novembre 2010

À motoplus.ca, le mois de juillet est l'un des plus occupés de la saison. Entre les essais, les séances de photo, les événements à couvrir et la planification de la prochaine saison — laquelle approche déjà à grands pas si l'on se fie aux rumeurs qui commencent à circuler sur Internet —, nous n'avons pas un instant pour nous. Je ne m'en plains pas, c'est la vie que j'ai choisie et je l'aime comme ça.


Pourtant, cette année, je devrais aménager cet horaire déjà chargé pour y loger quelques journées de roulage sur piste, un cours de deux jours à la California Superbike School où je vais tenter de compléter les niveaux 3 et 4, un voyage express dans le Bas du Fleuve pour un essai exclusif avec un lecteur désigné par le sort et quelques allers et retours entre Montréal et Toronto. Sans oublier les impondérables qui ne manqueront pas de surgir au moment le moins opportun.


Cependant, j'espère que le temps est élastique, voire compressible, car j'attends la visite d'un ami de France et de sa famille. Et j'ai bien l'intention de passer un maximum de temps avec eux. Suffisamment en tout cas pour leur faire découvrir le Québec. Et profiter de leur présence autant que je le pourrais.


Cette année, l'été sera court — il s'agit d'une lapalissade, au Québec —, mais intense. Il va donc falloir tenter d'en tirer le meilleur. Et compresser le plus d'activités possible dans chaque journée. À moins de rallonger les jours. Ce qui n'est pas gagné d'avance.


Le compte à rebours est lancé! Heureusement, je pourrais me reposer à la fin août, pendant mes vacances... Et faire de la moto, par plaisir pur. Sans horaire, ni contrainte. J'ai hâte!

mercredi 13 juin 2012

Portes entrebâillées et passion motarde

Col de Rousset


On a beau s'évader au bout du monde, on revient toujours sur ses pas. Pour fermer une porte laissée entrebâillée. Pour terminer une discussion entamée il y a bien longtemps. Pour embrasser un être cher — une sœur, un frère, un ami — dont l'absence nous pèse. Pour retrouver l'arôme envoutant d'un souvenir d'enfance. Ou pour reprendre une route que l'on n'a pas suivie jusqu'au bout. La vie n'aime pas les histoires inachevées. Qu'elles se terminent bien ou mal est sans importance, pourvu qu'il y ait une issue.


C'est pour ces raisons que je vais en France le plus souvent possible . Car mon histoire d'amour avec mon pays natal est loin d'être terminée. En fait, elle continue de s'écrire au présent. Par petites touches subtiles, avec une intensité décuplée comparativement aux premiers chapitres que j'ai l'impression d'avoir transcrits en dilettante. Sans technique. Sans presse — on n'a pas le sentiment d'urgence quand on est jeune —, mais aussi sans amertume.


Aujourd'hui, je réalise que j'ai vécu au Québec plus longtemps que dans l'Hexagone. Même si je ne le ressens pas avec la même imprégnation. Depuis quelques temps, je vais en France avec des amis d'ici. Pour faire un lien entre mes deux univers, pour conserver un certain équilibre. C'est ça, avoir le cul entre deux chaises. Puisque l'on est mal assis, on bouge, on se débat, on tourne en rond.


De gauche à droite, en partant du bas: Guy Parrot (bras croisés), Patrick Laurin (2e rang), Jean-Philippe Primeau,, Olivier Choquette, Dave Beaudoin, Richard Turenne (le grand, en arrière).
Là, je reviens d'un voyage de 15 jours en France. Un périple qui m'a mené à Paris, à St-Jean-de-la-Ruelle, chez ma sœur, à Dijon, pour les Coupes Moto Légende et dans la Drôme et l'Ardèche pour une balade à moto avec six amis montréalais. À qui j'ai tenté de faire découvrir et aimer ma région d'adoption — j'adore la Drôme, même si je l'ai découverte tardivement — ses routes sublimes, ses paysages grandioses, particulièrement ceux du Vercors, son histoire, sa gastronomie tout en finesse, ses parfums magiques.


Même si la température nous a parfois joué des tours, nous avons passé un séjour magnifique — et je pense parler au nom de tous en disant cela — à rouler sur des routes extraordinaires, au guidon de motos neuves parfaitement adaptées à notre environnement. Je doute que ceux qui ont pris part à ce périple, moi y compris, pilotent au quotidien avec l'intensité et l'audace dont nous avons fait preuve en Drôme. Quand je me remémore certaines de nos escapades sportives, (Col de Rousset, Mont-Ventoux, route entre Luc-en-Diois et Aspres-sur-Buëch, Gorges de l'Ardèche), je me dis qu'on s'est vraiment fait plaisir… sans retenue, sans gêne. Tout en partageant un moment mémorable avec des gens merveilleux.


C'est peut-être pour cette raison que la majorité des gens qui m'accompagnent en France reviennent, année après année. Comme moi, ils carburent à la passion et à l'amitié, les deux seules drogues auxquelles je m'adonne. Mais aussi parce que l'endroit est magique, surtout pour les motards dans l'âme.


Clin d'œil à Pierrot et à Patrick! En espérant que vous ferez tout le chemin avec nous l'année prochaine (une porte est restée entrebâillée…). ;-)

vendredi 18 mai 2012

Les copains d'abord

Dans quelques jours, je partirai en France avec un groupe d’amis. Ensemble, nous allons assister aux Coupes Moto Légende (CML), au circuit de Dijon-Prenois, avant de prendre part à un voyage à moto d'une semaine dans la Drôme, la Provence et les Alpes. Le paradis sur terre pour les motards...

J'entreprends ce pèlerinage annuel depuis déjà quatre ans et je ne laisserais passer l’occasion pour rien au monde. Cette année, je l'ai planifié pendant des semaines — les préparatifs contribuant autant au plaisir que le voyage lui-même, je dois le reconnaître — et  je l'ai vécu par anticipation en m'assurant que tous les éléments essentiels à sa réussite étaient réunis.

En fait, ce voyage est une excuse pour retrouver mes frères et sœur, mais aussi des amis de jeunesse avec lesquels je partage une passion sans borne pour la moto. Curieusement, même si je suis resté sans nouvelles de certains d'entre eux pendant des années, nous nous sommes retrouvés comme si nous nous étions séparés la veille. Sans pour autant sombrer dans la nostalgie, ni ressasser de vieux souvenirs, comme les anciens combattants. Ce qui me surprend, c'est d'éprouver en leur compagnie une familiarité que je ne ressens pas avec des gens que je côtoie au quotidien, depuis des lustres.

Malgré le temps qui passe, nous partageons toujours cette connivence qui nous singularisait dans notre jeunesse et cette communauté d'esprit qui a fait que nous sommes devenus amis. Aussi, n'ai-je pas vraiment été surpris de constater que mes potes avaient bien vieilli — c'est-à-dire qu'ils sont restés fidèles aux valeurs fondamentales qui m'ont fait les aimer à l'époque — et qu'ils continuaient d'honorer l'amitié que je leur porte. Et réciproquement.

Le miracle, c'est que mes amis, les anciens comme les nouveaux, sont compatibles et s'entendent plutôt bien. Sur l’essentiel, en tout cas. Malgré leurs différences et leurs origines diverses, ils vivent leur passion avec la même intensité et la même authenticité. Il y a quatre ans, nous étions quatre à l’occasion de ces premières retrouvailles dijonnaises. Cette année, nous serons une quinzaine, chacun d’entre nous ayant invité un nouvel ami qui, à son tour, a fait de même. «Les amis de mes amis sont mes amis!» C’est le principe même du réseautage. Il faut dire que les CML sont un événement fantastique. Une occasion rêvée de célébrer l’histoire de la moto, de voyager dans le temps et de remettre au goût du jour des valeurs d’amitié, de partage et de solidarité.

Cette année, Patrick — mon beau-frère — et notre pote Manu, qui viennent d’acheter une moto, nous accompagneront à Dijon avec leurs conjointes... Pat a jeté son dévolu sur une Kawasaki ZZR1200 de 2003, en parfait état, tandis que Manu a renoué avec ses anciennes amours et a trouvé une Suzuki GSX-R 1100 de 1989 — la dernière moto qu’il ait possédée — dans un état de conservation étonnant. Les voir ainsi revenir à la moto — une passion qui ne les a jamais quittés, même s’ils sont restés plusieurs années sans bécane — me fait chaud au cœur et j’aime croire que j’en suis en partie responsable.

« Il n’y pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » écrivait Jean Cocteau. Une citation que l'on pourrait facilement étendre à l'amitié. Car si celle-ci se mérite, elle s'entretient aussi. Elle se nourrit de gestes et d'intentions qui la font grandir. Comme rouler ensemble jusqu'à la tombée de la nuit, se retrouver autour d’un bon repas bien arrosé et argumenter jusqu'au petit matin, pour le plaisir de discourir plus que pour l'envie d'avoir raison.

À la veille du départ, je ressens une fébrilité certaine. J’espère que, cette année encore, toutes les conditions seront réunies pour que nous passions un moment inoubliable. Et même si je sais que le temps passé ensemble sera trop court, je suis convaincu qu’il sera à la hauteur de mes attentes. Avec de tels amis, comment pourrait-il en être autrement?