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mercredi 5 septembre 2012

Techno prisoners!*

Pêche au homard dans la baie de Bar Harbor

À l'occasion de mon dernier voyage à Bar Harbor, dans le Maine et à Kamouraska, j'ai eu quelques raisons de pester contre l'électronique envahissante de la K1600GTL à bord de laquelle ma femme et moi voyagions. Durant toute la seconde moitié de ce périple, ma conjointe n'a pu utiliser son système de communication pour écouter sa musique, car le module Bluetooth de la moto l'en empêchait. Il cherchait constamment à se jumeler avec ledit système et coupait la musique sans cesse. J'ai eu beau chercher à le désactiver, rien à faire. Dès que je remettais le contact, il se réactivait. À devenir fou.

La BMW K1600GTL à Kamouraska

Même chose pour les poignées chauffantes. Auparavant, sur les Béhèmes, un bouton à trois niveaux d'intensité, situé sur un des guidons, permettait de les règler. Il s'agissait d'un mécanisme simple et efficace. Et sûrement peu coûteux. Là, sur la GTL, le réglage se trouve caché au troisième niveau du menu interactif que l'on opère à l'aide de la roulette multifonction située sur le guidon de droite. On suit les informations sur l'écran de l'ordinateur de bord, sauf que l'opération est hasardeuse quand on roule. Voire extrêmement dangereuse, comme j'ai eu l'occasion de le vérifier sur l'autoroute entre Sherbrooke et Drummondville. J'ai failli prendre le champ en essayant de les mettre en marche.

Depuis quelques années, les constructeurs axent tous leurs efforts sur l'électronique et tentent de nous imposer des systèmes développés initialement pour l'automobile, comme les GPS, les clefs codées, les clefs électroniques, les ordinateurs de bord, les cartographies d'injections réglables, l'antipatinage multimode, les suspensions électroniques, l'ABS voire les coussins gonflables. Même si ces technologies fonctionnent à merveille sur les autos et rendent parfois de grands services à leurs utilisateurs, il en va tout autrement en moto où on ne peut pas, par exemple, demander au passager de les contrôler alors qu'on roule. Il faut arrêter et perdre son temps avec ces gadgets que l'on n'a pas réclamés et qui nous nuisent plus qu'ils ne sous aident. Quand ils ne tombent tout simplement pas en panne au moment le plus inopportun.

Au cours des trois dernières saisons, nous avons connu diverses mésaventures avec certaines motos dotées de clefs électroniques qu'il n'est plus nécessaire de garder en permanence dans le contact (Ducati Multistrada 1200, Ducati Diavel, Harley-Davidson Electra Glide, Kawasaki Concours 14…). Soit nous les avons oubliées dans une poche de blouson ou sur une étagère dans le garage, soit elles ont cessé de fonctionner. Dans tous les cas, nous sommes restés immobilisés loin de la maison, sans pouvoir demander l'aide d'un serrurier. Quand une telle situation se produit, il faut soit faire appel à un centre d'assistance routière gratuite (BMW), soit à une compagnie de remorquage payant (pour les autres constructeurs). Une perte de temps inimaginable, sans parler du coût du service, ni du remplacement de ces clefs électroniques, lequel est exorbitant (de 200 $ à 450 $ selon les modèles, quand une clef normale vaut une dizaine de dollars). Un vrai scandale!

Il y a deux ans, nous avons failli annuler nos vacances estivales quand la moto que nous avions en essai a cessé de reconnaître sa clef codée. Soudainement, nous n'avions plus de courant. Impossible de démarrer la moto d'une quelconque façon. J'ai été contraint d'appeler le centre d'assistance routière, lequel a répondu rapidement à mon appel, mais nous avons perdu une journée complète à attendre une moto qui aurait été parfaitement fonctionnelle sans cette satanée clef codée. Que se serait-il passé si j'étais tombé en panne dans un coin perdu, loin de tout concessionnaire de la marque? Avouez qu'il y a de quoi rager.

Quand elle est au service de l'utilisateur et lui facilite la vie, la technologie est une merveilleuse découverte. Mais quand elle devient une entrave à son plaisir et ne lui apporte aucun gain, elle est nulle et non avenue! Inutile! Et son coût est alors prohibitif. Personnellement, je souhaiterais que les constructeurs fassent marche arrière en la matière. Et qu'ils concentrent leurs énergies à nous procurer des dispositifs utiles que nous réclamons à cor et à cri depuis des lustres, comme un indicateur de rapport engagé, un régulateur de vitesse simple et facile à utiliser, une béquille centrale de série gratuite, des bulles de carénage vraiment aérodynamiques, des selles confortables ou encore des points d'ancrage bien conçus pour arrimer nos bagages. Et je ne leur demande même pas de nous construire des motos assez basses pour que n'importe qui puisse les piloter. Quand les constructeurs vont-ils comprendre que nous sommes des motocyclistes, non des automobilistes? Et enfin répondre à nos besoins véritables?

* Formule détournée de l'expression idiomatique anglaise "Take No Prisoners!" qui signifie « Pas de quartier! » en français.

mercredi 15 août 2012

Enfin les vacances!

L'été est arrivé depuis peu. Et si ce n'est pas vraiment l'été, ça y ressemble assez pour que je décide de prendre le large. Car il est grandement temps d'en profiter. Les derniers mois ont été passablement chargés. J'ai passé trop de temps au bureau et pas assez sur les routes, même si, selon les standards du motocycliste lambda, j'ai beaucoup roulé. Depuis le début de l'année, j'ai parcouru environ 18 000 km, ce qui est pas mal dans les circonstances, surtout avec la température exécrable qu'on a eue en juin et en juillet. Pourtant, je suis en manque. J'ai passé trop de temps assis à l'ordinateur. À retranscrire mes émotions, mes impressions, mes connaissances. Mon dos n'est plus qu'une douleur vive. J'ai besoin de reprendre mon souffle. De vivre des aventures et des expériences originales. De renouveler ma passion au contact de panoramas inédits et grandioses (c'est du moins ce que j'espère), de routes de rêve et de gens inconnus. Au programme de ma cure de repos (façon de parler), trois semaines de balade en couple, avec armes et bagages, à la découverte de Kamouraska et du Bas-du-Fleuve, de la Gaspésie et de Charlevoix. Tout ça au guidon de la BMW K1300GT avec laquelle nous allons parcourir près de 8 000 km durant ce périple.

Bien que la moto soit un fantastique moyen de locomotion, un véhicule qui s'adapte à toutes nos sorties et qu'on apprécie au quotidien, il est, pour beaucoup de passionnés, synonyme de vacances, de voyages et d'aventures. De rêves aussi. Je suis persuadé que vous avez déjà éprouvé ce sentiment de plénitude à moto. Une sensation que l'on ne retrouve pas forcément lorsqu'on voyage en auto, en train, ou en bus. Quand on prend la route le matin de bonne heure, à la fraîche. Que le soleil qui se lève nous éblouit, nous enveloppe. Que la fraîcheur de l'air pénètre nos narines chargé de parfums délicats que l'on ne retrouve pas aux autres heures de la journée. Parfois, lors de ces instants magiques, je me dis que ça serait une belle journée pour mourir. Non pas que je sois dépressif, voire blasé de la vie. C'est juste qu'alors il semble difficile de dupliquer un moment d'une telle intensité. D'une telle pureté.

Quand la route défile devant nous, pleine de promesses, de surprises, que tous les éléments sont réunis pour nous permettre de vivre une expérience authentiquement mystique, que nous nous sentons en symbiose parfaite avec notre monture, notre environnement et les gens qui le peuplent, alors nous pouvons dire que nous avons vraiment de la chance de pouvoir vivre notre passion à ce niveau d'intensité.

Je vais donc tacher de faire le plein d'émotions, de souvenirs, d'images et de rencontres durant cette période, pour débuter la nouvelle saison en force, dès septembre. Recharger mes batteries, comme on dit couramment, afin de vous revenir reposé et plein de nouveaux projets. Car l'automne va être très occupé. En novembre, je participerai au Salon de Milan, afin de vous présenter les dernières nouveautés en exclusivité canadienne, et à plusieurs lancements de presse. En tout cas, je l'espère. En attendant, je vous souhaite une bonne fin d'été.

À bientôt!