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jeudi 5 juillet 2012

À moto, je me protège!

Hier, en allant chercher une Kawasaki Ninja 250R à Toronto avec mon ami Richard, nous avons été surpris du nombre élevé de motocyclistes qui roulaient sans aucune protection, à l'exception de leur casque. Bien que nous n'ayons pas tenu de décompte précis, je dirais que plus de 80 % des motocyclistes que nous avons croisés se baladaient en short, en t-shirt (parfois torse nu) et sans gants. Plusieurs, même, en sandales. Richard me raconta que durant le week-end, il avait croisé un couple en Goldwing et que la passagère, en plus d'être très peu vêtue, était pieds nus. Peut-être cela vous semble-t-il normal — il faisait très chaud me direz-vous —, mais moi ça me surprend.

Contrairement au mythe qui veut que ce soient seulement les propriétaires de customs qui se promènent en bedaine, les motocyclistes que nous avons croisés ainsi dévêtus pilotaient aussi des sportives, des routières — dont de nombreuses Goldwing, comme si l'énorme carénage pouvait protéger les occupants en cas de chute —, des routières-sportives et même des BMW, dont quelques GS (habituellement, les Béhémistes s'équipent de la tête aux pieds. Les temps changent...).


Dernièrement, j'ai eu l'occasion de constater de visu les dommages qu'une chute pouvait causer. J'ai vu les fesses bleuies, — que dis-je, noircies — d'un ami qui est tombé, en ville et a glissé sur la partie la plus charnue de son anatomie.  Quand il s'est relevé, son jean et son slip étaient en lambeaux et la peau de ses fesses arrachée. Le jean, tout comme la peau non tannée, offre une piètre résistance à l'abrasion, apparemment… Il a dû se rendre à l'hôpital et subir une opération au cours de laquelle le chirurgien a retiré plus de 600 cc de sang de l'hématome.  


Une amie, infirmière à l'urgence de l'hôpital Saint-Luc de Montréal, m'a déjà dit avoir passé des heures à nettoyer les plaies de motocyclistes qui étaient tombés sans protection. À stabiliser les brulures de la peau. À retirer les cailloux et autres débris des chairs sanguinolentes, à la pince, avant qu'il soit possible de soigner, voire d'opérer le patient. J'ose à peine imaginer la douleur que l'on doit ressentir en pareille circonstance.


Depuis l'an dernier, une dizaine d'amis, tous motocyclistes d'expérience, sont tombés, bêtement, sans que ce soit nécessairement leur faute. Et si dans la plupart des cas, ces chutes sont survenues à basse vitesse, les blessures qui en ont résulté étaient tout sauf bénignes. Ce qui m'a convaincu de porter mes équipements de protection en tout temps, et pas seulement quand je fais de la piste ou lors de longs voyages. Désormais, j'ai en permanence ma dorsale sur le dos, des genouillères ainsi qu'un short de protection (coccyx et hanches) sous mes pantalons (habituellement un jean renforcé en kevlar, ou un surpantalons). De toutes façons, j'ai toujours roulé avec un blouson (de cuir, la plupart du temps), des gants et des bottes de moto, quelle que soit la température... Question d'habitude.


Depuis le début de la saison, la SAAQ mène une campagne intitulée «En moto... mieux vaut sauver sa peau!» que je trouve fort à propos. Vous pouvez d'ailleurs consulter le prospectus de cette campagne en ligne, en cliquant ici. Pour une fois que la SAAQ œuvre pour nous, autant le souligner.


Cela dit, je ne cherche pas à jeter l'anathème sur ceux qui roulent en bedaine (chacun est libre de faire ce que bon lui semble, non?), pas plus que je ne leur reprocherais de faire grimper le coût de nos primes d'assurance (d'autres s'en chargeront à coup sûr), mais j'aimerais qu'ils prennent conscience de leur vulnérabilité et des risques de blessures graves qu'ils encourent en ne se protégeant pas adéquatement.  


Ainsi, selon le rapport MAIDS* dont les résultats ont été repris dans une étude publiée par l'ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles), un équipement, même succinct, limite considérablement les conséquences d'une chute. Les gants réduiraient les risques de blessures de 93 % à 97 %. Porter une veste ou un blouson offrirait un facteur de protection variant de 70 % (textile) à plus de 92 % (cuir). Même chose pour les pantalons (60 % pour un jean classique, ou des pantalons en textile et près de 96 % pour des pantalons en cuir, un jean moto renforcé ou un surpantalons textile avec protections). Enfin, une paire de bottes de moto en cuir, de bonne qualité, offrirait un indice de protection élevé (plus de 90 %). 


Ces études soulignent également l'importance de bien se protéger les jambes — ce qu'on a tendance à négliger —, car elles sont régulièrement touchées en cas d'accident comme le démontrent les rapports. L'étude préconise aussi le port d'une dorsale pour protéger la colonne vertébrale et d'équipements dotés de coques au niveau des articulations.


L'autre facteur qui ressort de ces études, c'est que la grande majorité des accidents survient en ville, à faible distance de notre domicile et à une vitesse inférieure à 52 km/h. D'où la nécessité de bien s'équiper en ville ou quand on se promène autour de chez soi. Même si le sens commun nous incite à penser le contraire.


Pour le moment, le choix de porter des équipements protecteurs nous incombe. Mais, si nous continuons à négliger cet aspect, les pouvoirs publics pourraient bien décider de légiférer en la matière. Avec tous les excès et toutes les dérives que cela comporte (voir le cas du gilet jaune, en France). C'est une simple question de bon sens. 


* MAIDS — Motorcycle Accidents In Depth Study


Études sur la sécurité
Rapport Hurt (États-Unis)
Rapport MAIDS (Europe)


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dimanche 13 mai 2012

SBK Donington : week-end historique pour BMW

Après avoir réalisé un doublé historique en SBK (Melandri: 1er — Haslam: 2e) en première manche, l'équipe BMW Motorrad pouvait récidiver en deuxième manche, jusqu'à ce que le Britannique Jonathan Rea (Honda World Superbike Team) réalise un «abat» et sorte les deux pilotes BMW dans le dernier virage, au dernier tour, pour voler la victoire. Retour sur un week-end plein de rebondissements... 





Course 1: Melandri offre à BMW sa première victoire en SBK, Haslam assure le doublé! 
Très à l'aise à Donington, Marco Melandri offre une victoire et un doublé absolument historiques à l'équipe BMW Motorrad Motorsport. Il devance son coéquipier Leon Haslam de seulement 0,728 seconde au fil d'arrivée à l'issue de cette première manche britannique. Cette victoire devrait libérer l'écurie BMW et lui permettre d'entrevoir le restant de la saison avec confiance. 


Cependant, la victoire n'a pas été acquise si facilement. En fait, un groupe de cinq pilotes se sont livré une lutte épique pour le podium, une lutte parsemée de manœuvres de dépassement et de changements multiples en tête de la course. Le vainqueur de la Superpole Tissot, le Britannique Tom Sykes (Kawasaki Racing Team) doit baisser les bras devant les assauts répétés des deux pilotes BMW, mais il remporte une bataille tendue pour la troisième place, avec son compatriote Jonathan Rea (Honda World Superbike Team) qui devance Max Biaggi (Aprilia Racing) dans les derniers tours.

À l'arrivée, les cinq premiers au classement se tiennent en deux secondes. Autant dire dans un mouchoir de poche...

Le champion du monde Carlos Checa (Althea Racing Ducati) termine sixième, à quatre secondes du vainqueur. Parmi les six premiers, on retrouve cinq constructeurs différents.


À la suite du dépassement douteux de Rea (65), Melandri (33) et Haslam (91) se retrouvent au tapis et voient le podium s'envoler.





Course 2: Rea l'emporte dans la controverse 
Jonathan Rea décroche sa deuxième victoire de la saison de façon peu orthodoxe, dans une course entaquée d'incidents de course, certains malheureux, d'autres disgracieux.

Au premier virage, Carlos Checa et Eugene Laverty (Aprilia Racing Team) s'accrochent. Checa va au tapis, entraînant dans sa chute Jakub Smrz (Liberty Racing Team Effenbert Ducati) et son propre coéquipier Davide Giugliano. 
Puis Laverty tombe à son tour dans le virage «Craner», alors qu'à l'avant, le futur troisième Tom Sykes mène la course. Il est finalement attaqué par un groupe de furieux qui inclut Max Biaggi et les deux pilotes BMW, Leon Haslam et Marco Melandri.

Après une multitude de dépassements et d'erreurs de la part des pilotes de tête, Haslam paraissait l'avoir emporté jusqu'à que lui et Melandri sortent large au dernier virage et que Rea s'infiltre à l'intérieur. Le Britannique force le passage et envoie Haslam au tapis, lequel, dans sa chute, ramasse son coéquipier Melandri et prive l'équipe BMW d'un deuxième résultat historique. Rea parvient à rester sur ses roues pour gagner avec un peu plus d'une demi-seconde d'avance sur Biaggi, et deux secondes sur Sykes.

Leon Camier (Fixi Crescent Suzuki) termine à la quatrième position, devant le Français Sylvain Guintoli (Liberty Racing Team Effenbert Ducati).

CLASSEMENT PROVISOIRE
1. Biaggi, 128,5 pts
2. Sykes, 123,5 pts
3. Rea, 108 pts
4. Checa, 105,5 pts
5. Melandri, 97,5 pts
6. Haslam, 89 pts
7. Guintoli, 85 pts
8. Laverty, 65 pts
9. Giugliano, 50 pts
10. Smrz, 44,5 pts
11. Fabrizio, 35 pts
12. Camier, 34,5 pts
13. Aoyama, 30,5 pts
14. Berger, 29,5 pts
15. Badovini, 29 pts

SBK Donington - Course 1 



SBK Donington - Course 2 



Entrevue Melandri 

lundi 30 avril 2012

Mc Cormick de retour au bercail


Victime d'un grave accident à Assen, lors de la deuxième manche de la course de SBK, Brett McCormick a subi une fracture des vertèbres cervicales 5 et 6, sans que la moelle épinière ne soit touchée. Cependant, il doit porter un collet cervical et une ceinture lombaire et est contraint à l'immobilité pendant quelques semaines.

McCormick sera rapatrié aujourd'hui même au Canada, par avion médicalisé et sera absent des circuits pendant plusieurs mois.

Mario Bertuccio, le patron de l'équipe Effenbert Liberty Racing a déclaré aujourd'hui même que la moto de McCormick ne sera pas confiée à un autre pilote, du moins pas dans l'immédiat, même s'il a reçu de nombreuses propositions à cet effet. «Nous sommes encore sous le choc de l'accident de Brett à Assen. La 4e moto est celle de Brett. Nous le tenons en haute estime et cette décision est notre façon de lui démontrer l'affection que nous lui portons…»

mardi 3 avril 2012

Lascorz risque la paralysie


Vicitme d'un grave accident lundi dernier, dans le cadre des essais suivant la course d'Imola, Joan Lascorz, qui connaissait un bon début de saison en SBK au guidon de la ZX-10R de l'équipe Kawasaki Racing Team, pourrait rester tétraplégique.

Le pilote espagnol de 27 ans a subi une délicate intervention de 6 heures consistant à réduire une fracture de la sixième vertèbre cervicale. En raison des dommages qu'il a subit à la moelle épinière les chirurgiens de l'hôpital Maggiore de Bologne essaient de stabiliser son état afin de permettre, dès demain, son transfert par ambulance aérienne vers un hôpital de Barcelone. La fédération espagnole de moto travaille déjà sur la gestion de la logistique et des opérations afin d'être prête à intervenir lorsque les médecins décideront de procéder au transport.

Les médecins ne semblent plus craindre pour la vie de Lascorz, mais ils sont convaincus qu'il risque la paralysie.

Il s'agit d'un coup dur pour Lascorz, mais aussi pour le championnat SBK et l'équipe Kawasaki qui devra trouver un remplaçant de la trempe du jeune Espagnol rapidement.

Joan Lascorz (17) devant Jakub Smrz (96) et Niccolo Canepa (59) lors d'une des manches courues à Imola, le week-end dernier.


Source: La Gazetta dello Sport — Photos: Kawasaki Racing Team