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jeudi 29 novembre 2012

Un nain au pays des Grands

Lors du dernier Grand Prix de la saison 2010, à Valence, en Catalogne, deux images aux antipodes l'une de l'autre m'ont marqué. D'abord celle de Jorge Lorenzo, prétentieux et clinquant, s'alignant sur la ligne de départ avec son casque recouvert de feuilles d'or et orné de 1800 cristaux Swarovski* et celle de Valentino Rossi, agenouillé, embrassant sa moto comme une vieille maîtresse avant leur ultime séparation.

Sans rien chercher à enlever au talent du Majorquin — il est sûrement le plus doué de la jeune génération des pilotes de MotoGP, avec Casey Stoner et Marco Simoncelli —, j'avoue ne pas avoir beaucoup d'estime pour lui. Je le trouve aussi arrogant que futile et je n'apprécie guère ses pitreries de sale gosse gâté qui suce sa Chupa Chups en parlant aux Grands.

En fait, je n'ai pas vraiment de respect pour l'homme. Qui confond humour et humiliation. Qui ne supporte pas que lors du GP de Valence — qu'il considère comme son GP national, même si la Catalogne possède un statut de communauté autonome, soit dit en passant —, Rossi ait eu plus de partisans que lui dans les tribunes. Au point de polémiquer sur le sujet dans une entrevue donnée à un grand magazine moto en arguant que ça s'explique simplement par le fait que Rossi est en MotoGP depuis plus longtemps que lui. C'est tellement petit!

En fait, il y a une bonne raison à la popularité de Rossi...

Que l'on aime ou non Vale, il faut bien reconnaître qu'il est aujourd'hui le SEUL pilote qui soit plus grand que le sport lui-même, comme on a pu le vérifier lors de son absence, à la suite de son accident. En dehors de son talent, lequel est immense, encore aujourd'hui, n'en déplaise à certains, Rossi possède une qualité qui fait défaut à Lorenzo, comme à Casey Stoner, Dani Pedrosa ou encore Nicky Hayden. Ça s'appelle le charisme. Un don que l'on qualifie comme l'autorité, l'ascendant naturel qu’exerce une personnalité sur autrui. Demandez à Giberneau ou à Biaggi ce que cela signifie. Ils vous l'expliqueront dans le détail.

Malgré son air supérieur et sa confiance affichée, Lorenzo subit la loi de Valentino, comme tous les autres pilotes du plateau. Et les spectateurs ne s'y trompent pas. Pas même les Espagnols et encore moins les Catalans. Demandez à n'importe quel amateur qui est le « patron » du MotoGP et il vous répondra immanquablement « Rossi! »

En plus de ne pas avoir de charisme, Lorenzo n'a pas de classe. Son attitude hautaine lors de l'absence de Rossi, ses propos indignes d'un coéquipier et sa condescendance, lors du retour de Valentino, témoignent d'une petitesse de caractère qui finira par lui jouer des tours. Je doute franchement qu'il devienne un jour le «Boss» du paddock.

Aujourd'hui, si je devais désigner un successeur à Rossi, je choisirais, dans l'ordre, Marco Simoncelli, Casey Stoner ou Ben Spies. Et je donnerais un accessit à Andrea Dovizioso.

En embrassant une dernière fois « sa » M1 — comme il l'a si souvent fait au terme de chacune de ses victoires à son guidon —, « Le Docteur » démontre sa passion, son amour de la moto. Il est de la famille des Giacomo Agostini, Phil Read, Kevin Schwantz, Mick Doohan, Mike Hailwood ou Barry Sheene. Des pilotes qui, à l'exception des deux derniers qui nous ont malheureusement quittés, continuent d'honorer la moto, d'être présents lors des courses de classiques ou de parrainer des événements. Des gentlemen qui roulent encore à moto, par pur plaisir et qui prennent le temps de rencontrer leurs fans et de signer des autographes, même s'ils ont depuis longtemps raccroché leur cuir.

Rossi fait partie de la race des Grands et il continuera de marquer les générations futures, tout comme ses prédécesseurs. Je ne suis pas sûr qu'il en soit de même pour Lorenzo. À moins que l'Espagnol change. Mais en est-il capable?


* la compagnie X-Lite peut fabriquer, sur demande, une réplique de ce casque à quiconque est prêt à débourser la modique somme de 12 000 €. Pour commander envoyer un e-mail à : lorenzoworldchampion@nolan.it

jeudi 26 janvier 2012

Une année qui commence sur les chapeaux de roues

Harley-Davidson Forty-Eight 2010

Avec les fêtes de fin d'année, la sortie de Moto Show, le guide officiel des salons de la moto de Québec et de Montréal, la refonte graphique de motoplus.ca, et le flot de nouvelles touchant l'industrie, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire ces derniers temps. Pas d'édito, en tout cas. Et je le déplore.

En fait, l'année 2010 commence en lion. Pas eu deux minutes à moi ces dernières semaines. Entre Harley qui nous annonce des nouvelles motos aux deux jours, Yamaha qui joue au chat et à la souris avec la presse en dévoilant, au compte-goutte, des images des futures FZ8 (avec ou sans carénage) et Super Ténéré ou encore Buell qui ne cesse de renaître de ses cendres, je ne sais plus où donner de la tête. Et j'ai l'impression désagréable de devenir un agent de communication au service des grandes marques, à mon corps défendant.

Dans les semaines et les mois à venir, l'actualité va être chargée, malgré la crise. On prévoit une tonne de nouveautés du côté de chez Triumph, Honda Canada va nous présenter ses modèles 2010 à l'occasion de son lancement de presse annuel, en Floride et les premières motos d'essai vont commencer à arriver quelques semaines plus tard.

Dans moins de 50 jours, on pourra enfin démarrer nos motos et prendre la route, si la température le permet. À l'occasion de cette reprise des activités, je vais retourner à l'école de la piste — je vous tiendrais au courant des développements à ce sujet dans les prochains jours — pour rafraîchir mes connaissances et affiner ma technique de pilotage. Une bonne occasion de commencer la nouvelle saison du bon pied.

Cette année, nous développerons deux thèmes à motoplus.ca. Le premier concerne l'évolution du phénomène des motos classiques et néo-rétro. À ce propos, j'ai l'intention de prendre part à quelques courses de la VRRA (Vintage Road Racing Association), au Canada et aux Coupes Moto Légende, à Dijon (France) où j'aurais le privilège de rouler avec des légendes vivantes comme Christian Sarron, Jean-François Baldé, Phil Read et Giacomo Agostini, entre autres… Je les suivrais de loin, bien entendu, mais je partagerais la piste avec eux… un rêve de gosse qui deviendra donc réalité.

L'autre sujet qui nous préoccupe est l'avenir des motos sportives au Québec. Nous prendrons part à quelques journées d'essais libres au Québec et en Ontario et nous essaierons de voir comment on peut encore rouler en sportive sans se ruiner. L'Homme est plein de ressources quand il doit résoudre un problème apparemment insoluble et nous verrons comment les passionnés de motos sport parviennent à contrer la chasse aux sorcières menée par la SAAQ à leur encontre. Tout en restant dans la légalité. En passant, si vous avez des trucs à partager ou des solutions novatrices à nous soumettre, nous sommes preneurs.

Enfin, en juin, je partirais avec quatre ou cinq lecteurs de motoplus.ca pour un voyage d'une semaine dans la Drôme et la Provence. Un voyage de rêve que j'ai commencé à préparer l'année dernière (voir l'article sur ce sujet). Tout devrait se confirmer à l'occasion du salon de Montréal où je vous invite à venir me rencontrer au Moto Studio que j'animerai. Je serai également au salon de Québec, les 6, 7 et 8 février prochain, dans les mêmes fonctions.

J'espère pouvoir compter sur votre soutien en 2010 et, avec vous, faire de motoplus.ca le magazine de moto de référence au Québec. Votre magazine!

Bonne saison à tous!